La médiation : pour qui, pourquoi ?

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La médiation peut se définir comme un processus reposant sur la responsabilité et l’autonomie des participants, dans lequel un tiers – impartial, indépendant, neutre, avec la seule autorité que lui reconnaissent les médiateurs – favorise, par des entretiens confidentiels, l’établissement ou le rétablissement de la communication, la prévention ou le règlement de la situation en cause.

Rapidité, coût maîtrisé et absence d’aléa font de la médiation un outil solide de résolution des différends.

Le médiateur peut être envisagé comme un passeur vers la créativité et l’innovation, qui sort les parties d’un face à face réducteur. Il répond à des qualités précises, dont les trois principales peuvent être définies comme la neutralité, l’impartialité et l’indépendance.

Il a pour mission de préparer le cadre de la médiation (et de le tenir), en s’affranchissant de l’objet du différend. Il importe que le médiateur amène les parties à une qualité de conversation et de dialogue supérieure à celle qu’ils avaient avant la médiation. Il leur ouvre un espace sécurisé où elles peuvent prendre des risques afin de créer une solution qui leurs conviennent.

La mise en place du cadre débute par le choix d’un lieu neutre, d’une durée adéquate des séances de médiation. Il accueille les médiés, en s’assurant qu’il réunit autour de la table les personnes utiles à la recherche de la solution, et invitent si nécessaire d’autres personnes que celles évoquées par les médiés. Il a en charge de présenter le processus de médiation, son rôle, celui de chacun des acteurs de la médiation. Au surplus, il s’assure de ce que chacune des parties a bien le pouvoir de s’engager et sera particulièrement vigilant sur ce point en présence de personnes morales.

Il doit user des bons outils de communication pour favoriser le rétablissement ou l’établissement d’un lien entre les personnes concernées, et leurs proposer des outils de nature à leur permettre de créer la solution qui leur convient.

Le médiateur est dénué de tout pouvoir quel qu’il soit.

Il n’alloue aucun droit, il n’en a pas le pouvoir, et sortirait de son rôle s’il émettait une opinion à propos de la légitimité de l’une ou l’autre des prétentions émises par les parties.

L’indépendance du tiers est l’une des qualités en principe incontournable que doit posséder le médiateur. Le Code national de déontologie du médiateur précise à ce sujet que le médiateur « doit être détaché de toute pression intérieure et/ou extérieure à la médiation, même lorsqu’il se trouve dans une relation de subordination et/ou institutionnelle ». Il en est déduit que le médiateur s’engage notamment à refuser, suspendre ou interrompre la médiation chaque fois que les conditions de cette indépendance ne sont pas réunies.

Quant à l’impartialité, elle qualifie la personne qui n’aura de parti pris ni pour l’une ni pour l’autre des parties.

En usant des bons outils, et en respectant le processus parfaitement encadré de la médiation, le médiateur amène les parties à créer, inventer la solution qui leur correspond et qu’elles seront, de fait, aptes à mettre en œuvre.